26 juin 2010

Les campagnes s'achèvent avec ses leçons d'unité nationale

L’ethnocentrisme, on en parle partout. Que ce soit  dans les rues, dans les mosquées et églises, dans les medias, dans les bars café, les marchés  ou encore dans les familles c’est la même préoccupation autour de ce mal qui a tant fragilisé le tissu social guinéen.  Mais curieusement, ces campagnes ont complètement dédramatisé la situation.

A dire vrai, nous sommes ethnocentristes.  Mais autant il y a des guinéens ethnocentristes, autant il y en a par contre qui sont conscients et soucieux des conséquences désastreuses de l’accumulation des haines dans les cœurs des guinéens contre eux-mêmes.  C’est pourquoi cette question ethnique n’a jamais été un tabou dans ce pays même si les différents régimes qui se sont succédé n’ont pas été des models pour que l’unité nationale fredonnée tous les jours ne se dise pas seulement mais qu’elle se vive au quotidien. Des campagnes présidentielles annoncées dans un tel contexte avec des leaders qui ne sont présentés que sous un angle purement ethnique en se référant ainsi à leur région d’origine- mêmes s’il y a d’autres critères objectifs-, laissaient présager le pire.  On pouvait même s’attendre à des zones limites, donc à chacun sa région.

Contrairement à cette image véhiculée par les medias, celle d’une Guinée où la réconciliation serait utopique, nous avons vu une autre Guinée durant ces campagnes qui s’achèvent. Mais ça, personne n’en parle. L’accueil réservé aux différents candidats, dans chaque préfecture ou région a totalement trahit  les observateurs y compris les candidats eux mêmes. Partout c’était la même ferveur, la même mobilisation au point qu’en se fiant à la foule qui venaient écouter  tel ou tel  leader qui passe, on a parfois du mal à se faire une idée du cote de popularité de chacun d’entre eux. Les populations de la Guinée profonde ont su réservé cette surprise à tous les candidats en se mettant au dessus des clivages ethniques.  Mais malheureusement, un incident a troublé cette atmosphère paisible hier. Les militants de l’Union des Forces Démocratiques de Cellou Dalein Diallo étaient aux prises avec ceux l’Union des Forces Républicaines de Sidya Touré à la rentrée de Conakry. C’est une première et encore une fois c’est l’intérêt national qui a prévalu. Aucune autre violence n’a été enregistrée à l’intérieur du pays. Cet acte est salutaire et nous renforce davantage dans notre conviction que la Guinée est et reste une famille.

Disons simplement : c’est une preuve que l’esprit d’unité aura très bientôt sa place dans les cœurs. Aussi, c’est une très bonne leçon pour le futur Président et une victoire assurée pour le CNT contre la haine. La flamme de la réconciliation nationale et du pardon allumée le 21 juin va surement éclairer l’horizon pour que le peuple s’inscrive enfin dans la logique de sa devise qu’est Travail Justice Solidarité.

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