06 avril 2015

Les médias alternatifs s'engagent à mettre en avant d'autres représentations du monde

Forum Mondial des Médias Libres - Tunis 2015
Le Forum Mondial des Médias Libres, inclus dans le Forum Social Mondial, a pris fin le 28 mars 2015 a Tunis.  Ce fut un immense plaisir pour moi d’y participer et de rencontrer les activistes d’une communication libre, indépendante et citoyenne. Ces différents acteurs des médias alternatifs sont désormais unis par des valeurs communes et partagées contenues dans une charte appelée: Charte mondiale des médias libres.

Le processus d’élaboration de cette charte a commencé en 2013 et s’est poursuivi pendant 2 ans à travers plusieurs séminaires internationaux. Ce 4ème forum a permis d’adopter ce document qui définit les médias libres et présente la déontologie et l'éthique qui régulent leur champ d'action.

Qu’est-ce que les médias libres?

Il est important de savoir la particularité des médias libres. Selon la charte, les médias alternatifs ou les médias libres désignent les“pratiques communes fondées sur la recherche de l’autonomie vis-à-vis des logiques commerciales ou étatiques, sur la lutte contre toute forme de domination et sur la volonté de garantir des espaces d’expression ouverts”. Les adhérents à la charte mondiale des médias libres sont donc des militants d’une nouvelle forme de communication qui échappe au contrôle des pouvoirs politiques et économiques. Ils estiment que ces médias de masse sont des facteurs de déstabilisation et d’aggravation des crises que traverse le monde. Les médias alternatifs donnent la parole aux populations marginalisées et exclues des médias classiques, hégémoniques et traditionnels.

De la responsabilité des médias libres

Les acteurs des médias alternatifs se sont engagés, entre autre, à travailler pour la souveraineté technologique, à être solidaire des transitions sociales, économiques, écologiques et démocratiques, à mettre en avant d’autres manières de vivre, d’autres représentations du monde et à encourager de nouvelles formes de participation et d’engagement politique.

C’est une lourde responsabilité surtout vis à vis des peuples opprimés. J’ai participé à une activité organisée par les Palestiniens, les peuples du Sahara Occidental et les Kurdes. Ces peuples s’estiment abandonner à leur triste sort. Car, les véritables informations leur concernant ne sont pas vendables dans les médias soumis aux pouvoirs politiques et économiques. L’objectif de leur participation au Forum Social Mondial était d’attirer l’attention des médias alternatifs sur leur souffrance et leur lutte de résistance.

De la vulgarisation de la charte

Les activistes invitent à la mobilisation pour faire des plaidoyers et de concevoir la charte comme un outils pédagogique et d’apprentissage , en organisant des débats et des forums de discussion sur les médias et Internet libres.

Au cours des débats, j'ai plaidé pour l'impliquer de nos réseaux locaux dans la dynamique mondiale et la vulgarisation de la charte. Cette mobilisation est possible avec la collaboration de l'Institut Panos de l'Afrique de l'Ouest qui est un des partenaires du FMML.

Il faut ce pendant noter que la charte n’étant qu’une déclaration, sa force résidera dans la capacité des activistes à s’organiser et à se mobiliser à travers le monde pour défendre les acteurs des médias libres dans des situations périlleuses.   





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