07 mars 2010

Togo: Victoire sans surprise de Faure Gnassingbé

Il n'y avait aucune surprise quant à la victoire haut la main de Faure Gnassingbé à l'issue du scrutin présidentiel au Togo. Bien au contraire, le miracle - même si la réalité pourrait le permettre- c'était de voir l'opposition tenir le haut du pavé.

D'abord, le plus difficile pour Faure était de s'arroger en 2005, le droit à hériter le pouvoir de son père. Comme si le Togo était une monarchie. Et malgré les sacrifices humains, la tempête soulevée par cette gifle à la démocratie n'a malheureusement pas pu le frémir. Ce n'est donc pas face à une opposition -qui n'a pas réussi à se serrer les coudes pour une candidature unique ou plus forte-, qu'un pouvoir enraciné depuis  près d'un demi siècle va perdre des scrutins  à un seul tour.
Il en sera ainsi tant que l'opposition togolaise ainsi que celles du reste du continent, iront en rang dispersé aux élections -chacun se croyant être l'unique candidat qui incarne le changement- en songeant arracher le pouvoir de ceux qui sont prêts à tout pour le confisquer.


Ensuite, à force d'écouter le ou les discours tenus par Faure partout où il s'est rendu en campagne à travers le Togo, je me suis curieusement aperçu que c'était les mêmes phrases. Comme pour dire qu'il a correctement biché un seul discours et le récitait dans toutes les villes qui ont pourtant des réalités différentes. Donc, des besoins spécifiques. Mais disons que ce n'est pas aussi important car dans la plupart de nos Etats, on vote non pas pour le programme politique mais pour les personnes.
Voici cas même un vers que j'ai retenu du poème qu'il déclamait dans chaque ville et qui  résume non seulement ce que je dis mais qui en dit surtout assez long:
...après avoir survolé la ville, je vous avoue que je suis plus confiant que je ne l'était en 2005.
Alors, lui il a fait sa campagne dans l'avion en utilisant ainsi les biens et les fonds publics. Qu'en est-il  de l'opposition?
Celui qui survole les villes peut-il connaitre l'état des routes qui relient ces villes ou celui des pistes rurales pratiquées par la majorité des populations?

Maintenant que l'opposition est restée sur le pavé et elle est elle-même en partie responsable en raison de son manque de solidarité politique, le mieux serait pour elle de se battre à ce que l'article 59 de la constitution togolaise de 2002 qui ne  limite plus le nombre de mandat présidentiel puisse exprimer l'aspiration du peuple.
Je pense que c'est la seule lutte honorable qu'elle peut mener désormais pour permettre à la jeunesse togolaise de tourner la page de la famille Eyadema afin de voir à la tête de leur pays celui qu'elle aura librement choisi.

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