27 janvier 2010

Conseil national de transition: quand la politique fait recours à la religion.


Parlons maintenant de ce conseil national de transition qui sera dirigé par un chef religieux.

Loin d’anticiper le débat sur la grosse polémique que suscitera sa composition, posons-nous d’abord la question de savoir quel sera ce chef religieux qui méritera la confiance du peuple.


Cette question est cruciale pour la population dans la mesure où certains d’entre eux ont complètement perdu la confiance et l'estime des fidèles à cause surtout de leur manque de franc-parler au pouvoir.

En tout cas s’il faudra tenir compte de l’opinion de la population, certains chefs religieux musulmans seront sanctionnés en les oubliant tout simplement dans cette affaire pour cause d’avoir fait de l’islam un instrument politique durant ces dernières années. Ils sont les premiers à prier pour les hommes politiques qui, une fois les vœux exhaussés, se retournent contre le peuple.

L’écrasante majorité des musulmans se sentent choquer à chaque fois que les religieux qu’ils respectent se permettent de répondre présent à toute sorte de cérémonies de bénédictions et de lecture du saint coran pour ces dirigeants qui ne font recours à l’islam que pour s’accrocher à un poste qu’ils n’assument que dans leur propre intérêt au détriment de celui de la nation.

Pour ce fait, plusieurs imams se sont discrédités à cause de leur complaisance à l’égard du pouvoir notamment dans leur sermon. Ce refus de dire la vérité sur les réalités que nous vivons au quotidien fait qu’en période de crise surtout, les fidèles boudent les mosquées où les imams se bornent simplement à décliner le devoir d’obéissance des gouvernés aux gouvernants selon une conception divine du pouvoir qui leur est propre.

C’est cette connivence avérée chez certains hommes de foi qui ferment les yeux sur les mauvais comportements de ceux qui sont l’unique responsable de notre misère que les populations ne cessent de critiquer. A les écouter, nous n’avons que des devoirs et non des droits. C’est pour quoi beaucoup ne peuvent pas mériter notre confiance et notre certitude qu’ils seront neutres.

Juste un exemple ; lorsque les religieux ont été chargés d’aller exprimer les griefs de la population au feu Président Conté suite à l’insurrection populaire de janvier et de février 2007, les choses ne se sont pas du tout passées comme l’on s’y attendait.

Comme le bon Dieu ne dort jamais, un accord a été trouvé à la crise et la cloche des audits a sonné. Il fut établi que certains cadres du secrétariat général de la ligue islamique ont détourné des sommes colossales. L’argent des pauvres pèlerins qu’ils ont volontairement disqualifiés du voyage pour la Mecque.

Le plus frustrant, c’est que les religieux notamment les imams, qui ont toujours refusé toutes formes de manipulations de la part des autorités sont à ce jour peu connus ou ils ne sont pas en bonne position au plan national.


El hadj Mamadou Saliou Camara est l’un de ces imams les plus écoutés à Conakry. Mais s’il sera consulté, ne déclinera-t-il pas l’offre par crainte d’être trompé ?

Il y a aussi un paradoxe qui fait que les guinéens se débarrassent de certaines subjectivités qui ils toujours mis en avant de l’intégrité des hommes. Cette fois-ci, bien que la majorité de la population soit musulmane, le regard qu’elle porte sur les archevêques qui se sont succédés à Conakry est très très positif. Pour elle, ils n’hésitent pas de dire la vérité n’en déplaise au pouvoir. En tout cas si le choix tombe sur eux, ça sera bien accueilli.

Alors si nous pouvions également cultiver une telle valeur en jugeant les hommes non pas par leur appartenance ethnique mais par leur compétence et leur intégrité morale avant de lui confier une responsabilité, je suis sûr que les coups de force, l’impunité et les détournements seraient évités.

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