18 janvier 2011

Mobilité à Conakry : les fonctionnaires ne dorment plus et ne travaillent plus

La population de Conakry mène une vie impossible. Ce n’est pas l’enfer mais l’on ne peut vivre à ici sans se demander un jour où sommes-nous. Depuis des années, l’eau et l’électricité ne font plus partie des préoccupations quotidiennes des Conakryka. Ils sont habitués à l’obscurité, à la soif et le reste. Quelle endurance ! La galère engendrée par le chômage frappe tout le monde sans pitié. Pire, ceux qui se « débrouillent » souffrent plus que les chômeurs qui sont tranquillement assis durant toute une journée dans les bars café au tour d’une tasse de café noir leur permettant de tuer le temps. La preuve, c’est cette vidéo filmée dans la commune de Kaloum, le centre administratif de Conakry. Elle montre comment les travailleurs s’embarquent dans le taxi pour aller au travail avant de rejoindre leur domicile dans la mi-journée.

En Guinée, toutes les activités sont concentrées dans la capitale Conakry. C’est ici où l’on fait tout et défait tout. C’est pourquoi d’ailleurs tout fonctionnaire muté à l’intérieur du pays se bat becs et ongles pour ne pas partir. Kaloum est une presqu’île qui est aussi pour Conakry ce que représente le cœur pour l’organisme. Elle abrite l’administration, les banques, le port autonome de Conakry, les ambassades bref, c’est là où tout tourne. Cette concentration des activités fait de la commune la destination principale des fonctionnaires, des hommes d’affaires et autres. Aussi, un autre problème reste insoluble. À Conakry il n’y a que deux routes principales : l’auto route Fidel Castro et la route Prince qui se croisent au niveau d’un pont qu’on appelle le pont du 8 Novembre : c’est la seule porte d’entrée et de sortie de Kaloum. Alors là-bas, bonjour l’embouteillage…
L’insuffisance des moyens de transport est un véritable casse-tête pour les populations de Conakry en général et les fonctionnaires en particulier. Tellement qu’il est difficile de se trouver une place dans un taxi collectif pour se rendre en ville, l’administration publique roule au ralenti depuis des années car les fonctionnaires ne dorment plus et ne travaillent plus. Il faut se réveiller à l’aube pour venir s’arrêter au bord de la route pour guetter les rares places vides dans les taxis. Ce n’est qu’entre 9h et 10h que les plus chanceux ouvrent leur bureau. Pour ce faire, il faut vraiment la force physique et la technique nécessaire pour bousculer les autres avant de s’accrocher au portail de la voiture et de se plonger dans les sièges comme on le ferait dans une piscine. Pour repartir à la maison, c’est encore le même combat tel que cela se passe sur cette vidéo. Et puisqu’il faut se réveiller au milieu de la nuit pour aller à la plaque, pour y revenir il faut également abandonner le travail très tôt au risque de passer des heures à se battre. Ceux qui travaillent jusqu’à 16h ont soit leur propre véhicule soit ils ont appris quelques notions de karaté.

Vous comprendrez donc que ce n’est pas pour rien les guinéens sont impatients de sortir de toutes ces situations. Le quotidien n’est autre que souffrance et souffrance… Avec le changement, espérons que tout change progressivement mais rapidement.




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