09 août 2010

Blaise Compaoré: médiateur à vie, président éternel du Burkina Faso.

C’est désormais officiel. En novembre prochain, Blaise Comparé sera l'Elu Eternel. Bien évidemment, l'on ignore encore -de Dieu ou du peuple burkinabé (les hommes intègres)- qui l’investira de ce pouvoir à vie. Une chose reste claire, le nouveau Tandja a tellement développé le Burkina, il a -lui aussi- tellement de chantiers à achever, il a tellement apporté la paix et l’opulence à son peuple, qu’il se croie indispensable et capable d’atteindre l’idéal de développement du Faso. Pour honorer le médiateur omniprésent, ses partisans jugent son dernier mandat amplement couronné de succès au point qu’il mérite le droit de mourir au pouvoir. Il faut absolument trafiquer l’article 37 de la constitution qui limite le nombre de mandat présidentiel à deux.

Alors, après la turbulence au Niger avec Mamadou Tandja, les militants de l’alternance démocratique en Afrique ont les yeux rivés sur le peuple burkinabé, les syndicats et surtout la société civile et l’église catholique qui se sont déjà substituées à une opposition désorganisée, pour exprimer leur désapprobation d’un tel projet périlleux. L’on se rappelle également l’initiative, en amont, de quatre citoyens burkinabés qui ont recueilli 30.000 signatures à travers leur pétition contre la révision de l’article 37 de la constitution.

Au delà de ces combats qui s’organisent, j’ai essayé de me faire une idée de l’opinion des citoyens burkinabés sur cette question. Curieusement, je suis tombé sur  la déclaration d’un réseau nigérien d’ONG qui, dans ladite déclaration, affirmait par solidarité leur soutien aux pétitionnaires qui avaient également fait de même quand eux ils se battaient à leur tour contre Mamadou Tandja au Niger. A noter que cette déclaration de soutien est signée par un certain Sayouba, coordinateur dudit réseau.

Lisez quelques commentaires. Ils sont tellement fiers de leur souveraineté, que je me demande comment ceux qui postent de tels commentaires réagiront-ils à la création des Etats-Unis d’Afrique :

22 avril 10:12, par Thot Horus
MESSIEUR le coordinateur SAYOUBA avez vous lu la constitution du BURKINA FASO ? Connaissez vous votre propre constitution ? J’en doute fort. CHEZ VOUS au NIGER votre article 36 a limité le mandat présidentiel à 2 et l’article 136 a verrouillé l’article 36 en INTERDISANT sa révision. AU BURKINA notre article 37 qui limite le mandat PRESI n’est pas verrouillé, sa révision est autorisée par la constitution OU EST DONC LE PROBLEME ? OCCUPEZ VOUS DE VOTRE NIGER ET LAISSEZ NOUS EN PAIX .LA CONSTRUCTION DU BURKINA EST AFFAIRE DES BURKINABE D’ABORD

avril 11:23, par kenfo
Merci à Thot Horus avec qui je suis d’accord-, de remettre le sieur Sayouba à sa place, au Niger. Qu’il arrête en même temps ses ingérences vulgaires. D’un côté ou de l’autre, sur la question de l’article 37, nous n’avons pas besoin de griots amateurs...

avril 18:44, par les banlieusards
Le Niger le Niger le Niger sait quoi vous êtes dans une rivière de sable et vous voulez du poisson. Dites moi cette aide là c’est quoi de l’argent ? Ah ben oui je savais que cette histoire de pétition n’est qu’un prétexte pour s’enrichir. Vous allez les voir rouler des caisses de luxe après vous n’avez pas dit que vous êtes bêtes allez signer abrutis.

Même si les partisans du pouvoir à vie sont nombreux dans ce débat, quelques partisans de l'alternance répliquent en ces termes :

avril 11:28, par Biiga
Mr SAYOUBA a raison et je suis d’accord avec eux. Si la constitution burkinabé n’a pas interdit la révision de l’article 37 c’est pas pour autant qu’on doit le manipuler ainsi à sa guise et c’est d’ailleurs pour ça que la société civile demande ce qu’on verrue l’article 37. Merci

22 avril 12:23, par renato
il me plaît de reprendre les propos du président de mon parti l’UNDD, sur la comparaison avec le Niger : "Ce n’est pas parce qu’il existe des différences entre le Niger et le Burkina que l’on ne peut pas par ailleurs, trouver des similitudes entre les deux pays. A cet égard, si au Niger, Mamadou Tandja a révisé la Constitution pour se maintenir au pouvoir, au Burkina, ça s’est déjà fait et on s’apprêterait à remettre ça. On peut même dire que chez nous, le fait relève de la récidive aggravée".


Puisque le contexte social et politique du Burkina semble être particulier en tenant compte du désintérêt des citoyens à la politique et la faiblesse de l'opposition, le grand médiateur réussir t-il son entreprise de confiscation du pouvoir? Échouera t-il  comme Tandja? On verra bien...



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