04 mai 2010

Journée mondiale de la liberté de la presse 2010: Déclaration de l' UJAO et du PRC-UJAO


THEME : «La liberté d’information : le droit de savoir »
Au nom du nouveau Bureau Exécutif de l’UJAO issu du congrès de Dakar tenu le 28 avril dernier et au nom de la Coordonnatrice pi du PRC-UJAO, je voudrai brièvement faire un état de lieux succinct de la liberté de la presse dans notre sous-région ouest africaine. En dépit d’une relative éclaircie au cours du dernier trimestre 2009, des cas flagrants de graves violations de droit de journalistes ont été constatés ça et la. A commencer par le Nigéria ou les journalistes sont assassinés où meurent dans des circonstances obscures, et ce dans l’impunité la plus totale. Plusieurs confrères ont été tués (dont 3 il ya à peine une semaine) abattus parfois à domicile devant femmes et enfants. Une chaine de télévision privée a été visée par un attentat au colis piégé qui a fait un blessé grave parmi son personnel.
Au Niger voisin, en dépit du changement politique salutaire opéré récemment, l’on ne peut passer sous silence la mise sous coupe de la presse indépendante par le Conseil Supérieur de la Communication, l’arrestation et la détention pendant 4 mois du Directeur de Publication du Canard Déchaîné, la fermeture de cet organe par les services du fisc Nigérien pour non paiement d’impôts.
En Guinée, l’année 2009 a été très difficile pour les reporters, dont certains ont été passés à tabac, leurs matériels saccagés et leur vie mise en danger lors des graves évènements du 28 septembre 2009. Certains ont du s’exiler durant de longs mois pour préserver leur intégrité physique.
Même son de cloche en Gambie, où plusieurs journalistes ont été arrêtés, jugés et jetés en prison, puis graciés. D’autres n’ont du leur salut qu’à la fuite. Les affaires Deyda Haïdara, assassiné en 2004 et Chief Ebrima Manneh, disparu depuis 2006 restent non encore élucidées en dépit des injonctions de la communauté internationale et de la Cour de Justice de la CEDEAO.
Dans plusieurs autres pays, les journalistes sont humiliés, menacés, souvent brutalisés pour avoir tenté de faire leur travail.   
C’est pourquoi l’UJAO en appelle  aux gouvernements africains et à la CEDEAO pour créer un cadre idoine et des instruments légaux  en faveur du libre accès à l'information. Il faut reconnaître et saluer les progrès remarquables accomplis par des pays tels que le Ghana, le Sénégal, le Cap Vert et le Mali en matière de liberté de la presse et d’expression.
Le PRC-UJAO et la Commission de la CEDEAO (Département Communications) ont récemment convenu de donner mandat à l’UJAO de faire des propositions à la Commission pour rédiger et transmettre pour adoption un cadre régional harmonisé de législation sur la liberté d’information.
Une loi sur la liberté de l'information servira de plateforme pour permettre  au peuple  de demander aux gouvernants  et aux institutions publiques des comptes sur  la façon avec laquelle ils conduisent les affaires publiques et gèrent les ressources nationales. De cette façon, les institutions publiques  sont tenues de faire attention à leur gestion  et d’en tenir rapport, mais assurent également une conduite efficace et morale des affaires. La législation sur la liberté de l'information en Afrique de l’ouest  augmentera la visibilité et l’accès au travail de nos gouvernements, organismes publics, et assurera  que les processus d’élaboration des politiques sont justes, démocratiques et ouverts.   La législation sur la liberté d’information reflète le principe fondamental selon lequel toutes les informations tenues par les gouvernements et les institutions publiques sont publiques  et ne peuvent être retenues que s’il y a des raisons légitimes pour ne pas les révéler. 
Avant de terminer je voudrai brièvement parler du PRC-UJAO. Le Projet de Renforcement des Capacités de l’UJAO a trois (3) composantes principales : 
  •  La formation
  • La défense de la liberté de la  presse et de la   liberté d'expression ;
  • La publication et la diffusion d'information 
A travers  lesquelles elle cherche  à :
1) fournir aux journalistes et aux professionnels de médias les aptitudes techniques pour améliorer leur professionnalisme et pour leur permettre de s’adapter aux changements survenus dans les technologies de l'information et de communication ;
 2) Promouvoir des normes élevées d’éthique de journalisme en  l'Afrique occidentale et le respect de la liberté   de la presse  et de la liberté d'expression  par les responsables politiques, les groupes de pression économique et d'autres groupes d'influence ;
3) Doter les  dirigeants des médias des compétences nécessaires en gestion d'entreprise ;
4) Soutenir l'émergence d'une masse critique de professionnels de niveau élevé nécessaires pour favoriser une culture des médias d'excellence dans la sous  région.
Je vous remercie de votre aimable attention

DÉCLARATION prononcée par M. Mahaman Chamsou Maïgary, Expert Audiovisuel

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